L’hydrogène en Chine : un marché bientôt incontournable ?

Un secteur fortement soutenu par le gouvernement

L’énergie est un enjeu majeur pour la Chine, figurant régulièrement dans les domaines de développement prioritaires des plans quinquennaux dont le dernier en date, le 13e plan (2016-2020). L’hydrogène, et les piles à combustibles en particulier, font l’objet d’une feuille de route dans ce plan, fixant comme objectif la construction de plus de 1000 nouvelles stations de recharge à hydrogène devant être opérationnelles à l’horizon 2030. L’hydrogène est également compris dans l’initiative « Made in China 2025 » visant à rendre le pays indépendant vis-à-vis des technologies étrangères.

Afin d’implémenter ces plans, le gouvernement apporte un soutien financier important via des subventions massives tant au niveau national qu’au niveau local. En 2018, elles étaient à hauteur de 85 milliards de RMB, soit plus de 11 milliards d’euros, pour les véhicules à pile à combustible (PAC). La Chine compte ainsi booster la filière des véhicules à PAC de la même façon que les filières du photovoltaïque et des véhicules électriques. Ces stratégies ont non seulement permis l’émergence de « champions » nationaux tels que BYD et CATL pour les véhicules électriques, mais également d’évincer la concurrence étrangère dans le pays. L’objectif de production de véhicules à PAC est fixé à un million d’ici 2030. A titre de comparaison, le Japon a fixé un objectif de 800000 véhicules à PAC à l’horizon 2030 et la France entre 20000 et 50000 véhicules en 2028.

Focus technologique : le choix de l’électrolyse

L’hydrogène peut être produit à l’échelle industrielle de plusieurs façons. La manière la plus répandue regroupe toutes les utilisations de composés organiques riches en hydrogène comme les hydrocarbures (gaz naturel), le charbon ou la biomasse (méthanisation). A chaque source correspond un procédé de production d’hydrogène différent. L’ensemble de ces procédés représente plus de 90% de la production mondiale d’hydrogène. Une autre famille de solution utilise la décomposition de l’eau, l’électrolyse. Elle consiste à séparer l’oxygène de l’hydrogène des molécules d’eau grâce à un courant électrique. Ce procédé est énergivore et faible en rendement et pourtant, il est privilégié par la Chine. La frénésie des constructions de fermes éoliennes et solaires au cours des 10 dernières années en réponse aux incitations gouvernementales, a abouti à une forte production d’électricité dans le nord et le centre du pays. Cette énergie était perdue car elle ne pouvait pas être transportée jusque dans les régions demandeuses situées sur le littoral. Selon Bloomberg, le pays se retrouvait avec 35% de surplus d’électricité fin 2016. Cette surproduction constitue cependant une véritable aubaine pour la production d’hydrogène par électrolyse.

Quelques acteurs notables

En termes d’acteurs notables, le National Institute of Clean and Low-Carbon Energy (NICE) a été créé pour soutenir China Energy Group, issu de la fusion fin 2017 de Shenhua Group et China Guodian, deux des plus grandes entreprises chinoises de l’énergie. Jouant le rôle d’un institut de R&D dans un premier temps, le NICE est maintenant l’organisme de R&D et de commercialisation de China Energy Group.

En février 2018, des constructeurs automobiles (SAIC Motor, Dongfeng Motor…), des industriels spécialisés dans d’autres secteurs (Baosteel), des entreprises d’état (CRRC, State Grid Corporation of China…), des universités (Université Tsinghua, Université Jiaotong de Shanghai, Université du Zhejiang…) et des instituts de recherches (China Iron & Steel Research Institute Group…) signent la création de la China National Alliance of Hydrogen and Fuel Cell, ou China Hydrogen Alliance, regroupant les grands acteurs chinois de l’hydrogène sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Elle bénéficie d’un fort soutien du gouvernement.

Le 13e plan quinquennal encourage par ailleurs les coopérations avec les entreprises étrangères. De nombreux accords ont été signés depuis, à l’image du groupe Air Liquide, implanté en Chine de longue date, avec la start-up STNE (Shanghai Sinotran New Energy), l’entreprise Sichuan Houpu Excellent Hydrogen Energy Technology, et Yankuang Group.

Qu’en est-il des start-ups ?

Les plateformes de recherche d’informations chinoises sur les sociétés répertorient plus de 7000 start-ups chinoises, couvrant tous types d’activités en lien avec l’hydrogène, tandis que Crunchbase en recense moins de 500 dans le monde. Le vivier chinois est très vaste et présente un niveau scientifique et technologique de plus en plus élevé. Le potentiel de collaboration est fort ; l’étape d’évaluation et de qualification des start-ups est cruciale afin d’identifier les bons partenaires, tant sur le niveau technologique que sur le modèle économique, en particulier dans un pays où la recherche d’information est réputée difficile.

Que vous soyez à la recherche d’information sur le marché chinois ou que vous souhaitiez identifier des acteurs en Chine (start-ups, laboratoires, instituts de recherche…), Erdyn peut vous proposer l’accompagnement qui vous convient. N’hésitez pas à nous contacter !

Sources :

https://www.ft.com/content/27ccfc90-fa49-11e8-af46-2022a0b02a6c

https://about.bnef.com/blog/mapping-china-renewables-curtailment-coal-risks/

https://www.energy.gov/sites/prod/files/2018/10/f56/fcto-infrastructure-workshop-2018-4-li.pdf

https://www.zebtechsymposium.com/pdfs/presentations/session-4.2-nice.pdf

2019-05-29T14:33:51+01:00mardi 21 mai 2019|Energie|