France 2030 : publication du rapport Impact SATT | info.gouv.fr
Menée cette fois-ci en interne, cette évaluation croise de manière très intéressante un bilan statistique sur les données de suivi, une évaluation économétrique et un questionnaire auprès des bénéficiaires ici entendus comme les chercheurs ayant bénéficié d’un financement de maturation, les établissements (directeurs d’unités de recherche et VP en charge de l’innovation) et les entreprises ayant bénéficié d’un transfert d’actif avec également d’intéressants retours de la part des fonds d’investissement.
Ces approches croisant impacts perçus par les bénéficiaires et impacts constatés par l’évaluation économétrique sont potentiellement très intéressantes car pouvant mettre en miroir ces deux perceptions. Nous avons pu voir dans une récente consultation que Bpifrance suivait également cette voie d’évolution des pratiques d’évaluation.
Même si Erdyn n’a jamais pu répondre à un appel d’offres d’évaluation des SATT puisqu’elles sont toutes clientes de notre cabinet (donc conflit d’intérêt), le sujet nous intéresse évidemment et ce travail donne aussi quelques éléments sectoriels qui permettent de dresser un panorama des dynamiques d’innovation en France. Pour ce faire, nous avons rapproché des statistiques issues du concours I-Lab (création d’entreprises de technologies innovantes mais pas nécessairement issues de la recherche publique) qui, si les nomenclatures utilisées ne sont pas les mêmes permet lui aussi d’identifier les deux secteurs produisant le plus de projets d’innovation, à savoir la santé et le numérique.
Table de correspondance :
Si l’on peut faire un continuum entre maturation et contrats de licence au sein des SATT, les lauréats du concours I-Lab ne sont présentés ici que pour donner une tendance sectorielle de l’innovation sur les deux secteurs les plus représentés (par ailleurs, sur les autres, les différences de nomenclatures utilisées rendent la comparaison difficile et incertaine). Un focus a néanmoins pu être fait sur les lauréats I-Lab issus de la recherche publique sans que l’on puisse dire s’ils ont été ou non soutenus par une SATT dans leur parcours.
Nous avons utilisé la base de données des lauréats I-Lab telle que communiquée sur data.gouv.fr en prenant la période 2016 à 2025 (le choix de 2016 correspond à une évolution importante du concours avec la suppression de la catégorie « émergence » et une révision de la nomenclature des domaines technologiques).
En termes de concentration, on notera que ces deux domaines représentent :
- 60% des projets en maturation SATT
- 62% des contrats de licence SATT
- 67,3% de l’ensemble des lauréats d’I-Lab
- 67,5% des lauréats d’I-lab issus de la recherche publique
Si l’analyse mériterait d’être faite sur les sommes investies en maturation et le chiffre d’affaires additionnel apporté au PIB français, en nombre de projets, on peut toutefois noter que :
- La création d’entreprises innovantes lauréates I-Lab par la recherche publique française est moins orientée vers le numérique et plus vers la santé que la moyenne de l’ensemble des dossiers,
- Pour un même nombre de projets entrés en maturation, le rendement en termes de licences est particulièrement positif dans le numérique. Pour ce qui est des start-ups issues de la recherche publique, la proportion est sensiblement la même.
- Dans le domaine de la santé, en nombre de projet, une proportion de 45% de projets en maturation ne donne qu’une proportion de 41,6% des projets de licence mais 51,6% des projets de création de start-ups lauréates I-Lab et issues de la recherche publique.
- Une hypothèse, qui demanderait à être vérifiée par des analyses plus poussées dans le cadre d’une évaluation croisée de ces dispositifs et éventuellement d’autres (incubateurs…) permettrait de confirmer que l’investissement dans la maturation de projets de recherche publique mène préférentiellement à de la cession de licence dans le numérique et à la création de start-ups dans la santé. Un tel travail, sous réserve d’arriver à « réconcilier » les nomenclatures différentes utilisées, permettrait aussi de voir ce qu’il en est dans d’autres secteurs d’activités et domaines scientifiques ou technologiques. L’accès aux revenus de licence (SATT) et aux chiffres d’affaires des entreprises créées (préférentiellement via le CASD) permettrait d’aller vers une évaluation d’impacts différenciée en fonction des domaines technologiques et secteurs d’activité.
Contact : florian.knecht@erdyn.fr
[1] La nomenclature utilisée par l’ANR est inhomogène entre les « thématiques des projets de maturation » et le « nombre contrats de licence par secteur d’application », mixant domaines scientifiques et secteurs d’entreprises. Le domaine des télécommunications n’apparait que dans la seconde.




