Lancé dans le cadre de France 2030, l’appel à manifestations d’intérêt Compétences et Métiers d’Avenir (CMA) est devenu en quelques années un levier majeur pour adapter/développer de nouvelles formations aux besoins en compétences émergents dues aux transformations économiques, technologiques et écologiques. Il a pour objectif de former 400 000 personnes par an et 1 million de nouveaux diplômés d’ici la fin de la décennie. Cet AMI s’est clôturé en septembre dernier avec l’annonce des 40 lauréats de la dernière vague.
Source : Erdyn à partir du communiqué de presse du gouvernement du 2 septembre 2025
Le graphique ci-dessous présente la répartition des quarante projets lauréats de la dernière vague entre les différents objectifs de France 2030, en comparant à la fois la proportion de projets par objectif, leur part dans le montant total des projets ainsi que leur taille moyenne.
Dans l’ensemble, le graphique montre une distribution au regard de la stratégie France 2030 :
Source : Erdyn à partir du communiqué de presse du gouvernement du 2 septembre 2025
- Objectifs/leviers ayant des projets avec une taille inférieur à la moyenne
- Objectif 3 « Décarboner notre industrie »
- Objectif 4 : Produire en France, à l’horizon 2030, près de 2 millions de véhicules électriques et hybrides chaque année. Cet objectif dispose pourtant d’un des taux de subvention moyen accordé les plus élevé pour cette dernière vague (42%)
- Objectif 6 : Investir dans une alimentation saine, durable et traçable afin d’accélérer la révolution agricole et alimentaire. Cet objectif dispose pourtant d’un des taux de subvention moyen accordé les plus élevé pour cette dernière vague (41%)
- Levier Souveraineté Numérique
- Levier Compétences / Transversalité. Cet objectif dispose pourtant d’un des taux de subvention moyen accordé les plus élevé pour cette dernière vague (44%)
- Objectifs/leviers ayant des projets avec une taille dans la moyenne
- Objectif 7 : Produire 20 biomédicaments. Cet objectif dispose d’un taux de subvention moyen accordé relativement élevé par rapport à la moyenne (40%)
- Objectifs/leviers ayant des projets avec une taille supérieure à la moyenne
- Objectif 1 : Favoriser l’émergence de petits réacteurs modulaires nucléaires (SMR)…. C’est l’objectif qui dispose du taux moyen de subvention le plus faible.
- Objectif 2 : Devenir leader en hydrogène vert et des énergies renouvelables
- Objectif 8 : Placer la France en tête de la production des contenus créatifs et culturels et des technologies immersives
Au regard de la répartition régionale des lauréats, une seule analyse du nombre de lauréats par région est peu pertinente si celle-ci n’est pas mise en perspective avec une autre variable de caractérisation du territoire. En effet il parait logique, pour plusieurs raisons, que la région comptant le plus de lauréats soit l’Ile de France. Nous avons choisi deux variables de mise en perspectives : le % d’étudiants de la région par rapport au nombre d’étudiants global en France ainsi que le % d’actifs de 15 à 64 ans et avons calculé un indice de spécialisation[1] à partir de celles-ci. Selon la valeur de cet indice, une région apparaît comme sur-représentée ou sous-représentée.
[1] Indice de spécialisation : Cartographie 1 : % de lauréats situés dans cette région / % d’étudiants présents dans une région ; Cartographie 2 : % de lauréats situés dans cette région / % d’actifs dans cette même région
Source : Erdyn à partir du communiqué de presse du gouvernement du 2 septembre 2025. Les régions coloriées en blanc sont celles n’ayant pas obtenu de lauréats sur la dernière vague. Clé de lecture : les régions sur représentées montrent qu’elles ont reçus plus de lauréats sur ce dispositif que ce que les deux caractéristiques de ce territoire laissaient supposer.
Les deux cartographies éclairent sous l’angle géographique l’adéquation territoriale entre la localisation des projets lauréats et certaines caractéristiques socio-démographiques des régions. Nous en avons choisi deux : le nombre d’étudiants par région (car l’AMI adresse des formations initiales) ainsi que le % d’actifs de 15-64 ans (car l’AMI adresse des formations continues).
La première cartographique montre que la présence des lauréats ne se superpose pas toujours à la répartition réelle des étudiants : certaines régions attractives sur le plan universitaire apparaissent sous-représentées en lauréats, tandis que d’autres, moins dotées en population étudiante, accueillent proportionnellement davantage de projets. Par exemple, La deuxième cartographie elle se concentre sur la mise en perspective du nombre de lauréats par région avec le nombre d’actifs de 15 à 64 ans. La région Occitanie est fortement sur- représentée car son nombre de lauréats, rapporté au nombre d’actifs de 15 à 64 ans sur le territoire est significativement au-dessus de la moyenne. Cela souligne l’existence de territoires où la pression sur les compétences est forte et où un renforcement de l’offre de formation pourrait jouer un rôle clé pour soutenir les transitions à venir.
Cet article en propose une lecture volontairement synthétique, centrée sur quelques tendances saillantes. Un travail plus approfondi, mené dans le cadre d’une étude dédiée et pilotée par la Banque des Territoires sur l’ensemble des projets retenus via le dispositif CMA, offrirait une vision beaucoup plus exhaustive et pourrait mettre en lumière des évolutions plus fines au fur et à mesure du déploiement du programme.
Enfin, au-delà de la phase de sélection, les lauréats doivent répondre à des exigences fortes durant la totalité de la période de déploiement du projet : pilotage rigoureux, suivi des KPIs, rapports intermédiaires, justification des dépenses, coordination entre partenaires, adaptation continue des actions… C’est un point souvent sous-estimé sur de nombreux dispositifs : la qualité du pilotage conditionne largement la réussite du projet et sa capacité à délivrer les impacts attendus.
En plus de l’accompagnement au montage de plusieurs projets CMA dans des domaines très divers (électronique, cybersécurité, énergies marines renouvelables…), Erdyn a également mis son expertise de suivi et évaluation de projets au service du consortium ECN – ECO CONSTRUCTION ET NUMERIQUE – porté par l’UPEC et son Campus des Métiers et des Qualifications d’Excellence (CMQe) transition numérique et écologique dans la construction.
Notre accompagnement a pour objet :
- D’alimenter les décisions du comité de pilotage (COPIL) sur l’organisation et le déploiement du programme dans ses différentes dimensions ;
- De répondre aux exigences d’évaluation de la Caisse de Dépôt et de Consignation (CDC) et notamment permettre le versement de la deuxième tranche de financement à mi-parcours ;
- De réaliser une évaluation globale et finale du programme dans une logique de dissémination et de valorisation des résultats.
Le déploiement d’un tel système de suivi et évaluation, bien au-delà de la réponse à des exigences du financeur public, est avant tout un outil de pilotage stratégique et opérationnel pour les partenaires du projet.




